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Saint Bernard à Monte Carasso

Comme plusieurs villages situés sur le versant droit du plateau de Magadino, Monte Carasso était constitué de quelques noyaux d’habitation sur le fond de la vallée, d’autres au pied de la montagne, d’autres encore sur les collines. Les premiers étaient situés sur les principales voies de communication, tandis que les autres cherchaient surtout à tirer profit au mieux du territoire : autour de ces agglomérations, on trouvait des potagers, des champs de céréales, des vignes, des pâturages.

L’itinéraire propose de partir à la découverte de l’un de ces hameaux montagnards et d’une église, celle de Saint Bernard, de toute beauté grâce à ses fresques, mais l’église est peu connue des personnes qui n’habitent pas dans la région de Bellinzona.
On peut monter aux monts que ce soit en téléphérique ou à pied. Dans les deux cas, d’abord il faut arriver à la station de départ du téléphérique Monte Carasso-Mornera. Si vous voulez utiliser la remontée mécanique, vous vous arrêterez à la station intermédiaire de Curzutt (Variante A), et d‘ici en suivant un chemin signalé vous arriverez à Saint Bernard en quelques minutes.
Dans le deuxième cas, vous pouvez continuer en voiture de la station du téléphérique jusqu’à l’aqueduc Lori et puis monter à pied à Saint Bernard, en suivant le sentier au milieu des châtaigniers (15 minutes de marche environ).
Après la visite de la petite église, contemplez le panorama qui s’ouvre sur toute la région autour de Bellinzona. Dirigez-vous ensuite, au milieu des châtaigniers et des murs à sec, vers Curzutt (Corte Inférieure), l'unique agglomération survécue dans le temps, actuellement centre d’un intéressant projet de récupération environnementale, historique et paysagère de la part de la Fondation Curzutt-San Bàrnard. Plusieurs familles y habitaient et malgré la pénurie d’eau, jusqu’au XVIIIe siècle elles ont travaillé la terre qui était leur moyen de subsistance. Outre à la récupération des forêts et des pâturages, le projet prévoit la restructuration de quelques maisons rurales pour en faire des auberges de jeunesse.
Un vignoble pour la production de vin biologique a même été reconstitué. La descente peut se faire à pied ou bien par téléphérique.

Points d’intérêt :
Saint Bernard: l’église de Saint Bernard s’élève sur une place au milieu des bois au-dessus de Monte Carasso, à 600 m au-dessus du niveau de la mer environ. Actuellement, elle est isolée et loin de l’habitat, mais autrefois elle participait activement à la vie du village qui avait ses agglomérations dispersées sur un vaste territoire. Certaines se trouvaient dans la zone collinaire montagneuse.
Ces villages, dont Curzutt, qui se trouve à proximité, étaient habités jusqu’au XVIIIe siècle environ par différentes familles tout au long de l’année : cela explique l’existence d’une église (et non pas d’une simple chapelle ou d’un petit oratoire) dans une position si éloignée de la plaine.
Les origines de Saint Bernard, d’après les enquêtes archéologiques faites en 1972, devraient remonter à la fin du XIe siècle ou au début du XIIe siècle : une construction romane édifiée presque en même temps que l’église de la plaine, qui est dédiée à Saint Bernardin et Saint Jérôme, avec les mêmes méthodes, et dont les dimensions et la contenance étaient semblables. Il ne s’agissait donc pas d’un édifice secondaire destiné au service de quelques familles pendant l’été, comme il arrive souvent à la montagne, mais d’une véritable église voulue par la population qui habitait la montagne de façon permanente.
La première construction, un édifice avec une nef rectangulaire et une abside semi-circulaire, fut enrichie vers la fin du XIVe siècle d’une fresque représentant la Madone en Trône, tandis qu’en 1427 des représentations sacrées et profanes d’un peintre anonyme décorèrent le mur septentrional. Dans la deuxième moitié du XVe siècle on allongea la nef, ajouta le porche et probablement érigea le clocher.
Un deuxième ensemble de travaux picturaux réalisa les fresques des nouveaux murs et  rénova quelques vieux tableaux : la tâche fut confiée à l’atelier de Lugano de Cristoforo et Nicolao da Seregno, très actif dans la région du Tessin jusqu’en1480-90. Plusieurs changements se succédèrent au cours du siècle suivant : on ouvrit une chapelle au sud ;  on décora le porche de fresques ; au cours des dernières années du siècle, on démolit la vieille abside et on en construisit une nouvelle, qui fut enrichie de tableaux quelques années plus tard. À partir du XVIIe siècle, on ne constate plus d’interventions structurelles comme si l’église était devenue un peu moins importante. La dernière restauration picturale remonte aux années 1972-74.
La façade de l’église est précédée d’un porche qui conserve des peintures de 1582 (l'Ascension et Dieu le Père, sur la droite Saint Bernardin  et Sainte Madeleine, sur la gauche Saint Maurice - ou Victor – et le patron Saint Bernard), porche sur lequel les fidèles et les voyageurs ont laissé la trace de leur passage avec des noms ou des dessins. Sur le mur sud un grand Saint Christophe (fin du XIVe siècle). Derrière l’église une chapelle ossuaire. 
L'intérieur est sobre du point de vue architectonique par contre il possède de nombreuses fresques, qui couvrent pratiquement tous les murs. Sur la contre-façade on voit Christ au sépulcre entre deux anges et quelques représentations de saints : à gauche de la porte les élégantes représentations de Mamet, Marguerite qui écrase le dragon et Guy avec la palme ; à droite Saint Sébastien avec les flèches et l’épée, Nazario et Celso. Les cadres sont ceux caractéristiques des Seregnesi (XVe siècle) ; il s’agit probablement de tableaux votifs.
Sur le mur nord se détache une grande ‘Dernière Cène’, elle est attribuée comme les deux saints à gauche (Théodore et Bernardin) à Cristoforo da Seregno (1450). On y remarque l’attention de l’artiste pour les détails concernant la réalité locale (les crabes de fleuve, les cerises). Un cadre unit l’Adoration des mages, certains saints (Anne, Michel, Maurice, Madeleine et Catherine) et la Crucifixion. Ils datent de 1427 comme l’intéressante série des mois située dans la partie inférieure. Plus à droite, un saint évêque, peut-être Eusèbe, postérieur de quelques années. Le chœur fut peint à fresque en 1607 : une grande crucifixion, des scènes de la vie de Saint Bernard, sur l’arc l’Annonciation, dans la voûte sphérique les Évangélistes et les Docteurs de l’Église.
En continuant, sur le mur sud on voit sud quelques saints, sur la porte le tragique martyre de Sainte Apolline (1480 environ, attribué à Nicolao da Seregno) et la Vierge du lait du XIVe siècle.
Dans la chapelle latérale, des scènes de la vie de Saint Nicolao et de quelques Saints (1565) sont représentées. La Trinité tenue par les Saints (Agathe et Laurent à gauche, Martin et Jean Baptiste à droite) est très intéressante, elle est probablement l’œuvre de Cristoforo da Seregno. Ensuite, Saint Bernard qui tient le diable enchaîné, Sainte Libére protectrice de l’accouchement, les saints Défendant, Lucie, Stéphane et Hélène (fresque votive de l’atelier des Seregnesi). Clé : auberge à Curzùtt.

  • Curzutt: hameau rural avec d’anciennes maisons en pierre, habité à peu près jusqu’aux environs du XVIIIe siècle
  • Forêts de châtaigniers
  • Murs à sec

Aux alentours :
L’agglomération de l’ancien village Monte Carasso: objet d’une intervention de récupération qui a reçu le prix « Wakker 1993 » (promu par la Ligue suisse pour la protection du patrimoine national) et le prix « Prince of Wales 1993 » de l'Université de Harvard/Boston/USA.
Ancien couvent des sœurs Augustines: remontant au XVe-XVIe siècle, restauré en 1990-93 d’après un projet de l’architecte L. Snozzi qui lui a rendu son aspect original, avec la cour interne et les arcades. À ce jour c’est le siège de l’école élémentaire et un centre culturel.
Église de Saint Bernardin et Saint Jérôme: reconstruite au XVe siècle sur un oratoire roman préexistant et agrandie au cours des siècles suivants. Sur la façade on trouve des fresques du XVIe siècle, sous le porche (Saint Christophe, l'Annonciation et Véronique).
Église de la Sainte Trinité: située au-dessus du village, sur un éperon rocheux.

Suggestions

  • Chaussures de randonnée
  • Casquette
  • Gourde
  • Lunettes de soleil
  • Crème solaire
  • Carte d’excursion
  • Appareil photo
  • Nourriture

 

Montagnepulite: Ce projet est né dans l’idée d’encourager la gestion efficace et durable des cabanes alpines du territoire tessinois, en particulier la gestion des déchets en altitude. La gestion responsable des déchets en montagne est une affaire de bon sens. Nous pouvons tous aider:

https://www.montagnepulite.ch/fr/regles-d-or

Variantes

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Près de l'itinéraire

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